En mai 2005, le Pays de la Haute-Saintonge a engagé une consultation pour la mise en œuvre d’un Système d’Information Géographique destiné aux services des deux Communautés de Communes le composant (CdC de la Haute-Saintonge : 123 communes ; CdC de la Région de Pons : 10 communes) et des 133 communes adhérentes.
Cette opération s’inscrit dans un vaste programme d’équipement des 9 pays de la Charente-Maritime qui est piloté en partie par le pôle SIG du Syndicat Mixte d’Informatisation Communale de Charente-Maritime (SMIC 17)
Début 2006, le marché « fourniture de logiciels pour le Système d’Information Géographique du Pays de la Haute-Saintonge et ses 133 communes ainsi que les prestations associées » a été attribué à la société IMAGIS.
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LE CONTEXTE
Le Pays de la Haute-Saintonge se situe au sud de la Charente-Maritime dont il représente près d’un tiers de la superficie : 133 communes s’étendant sur environ 1766 km². Pour les accompagner dans la gestion de ce vaste territoire rural, les différents acteurs du Pays ont souhaité s’équiper d’un SIG.
Au début du projet, les attentes étaient difficilement perceptibles et définissables dans la mesure où les élus, agents administratifs et autres chargés de mission connaissaient vaguement, pour la plupart, le SIG.
Néanmoins, dès le départ, notons que deux tendances se sont dégagées :
-Les communes : les attentes reposaient essentiellement sur la consultation du cadastre et des réseaux.
-Les intercommunalités : les attentes étaient plus « larges » :
• Simplification des tâches et optimisation des travaux
• Accès plus rapide et plus simple aux bases de données
• Statistiques et cartographie
• Croisement et superposition d’informations diverses
• Meilleure coordination entre les différents interlocuteurs
D’une manière générale, les utilisateurs potentiels ont exprimé l’envie de disposer d’un outil qui leur permettrait d’avoir une vision globale et meilleure de leur territoire, qu’il soit communal ou intercommunal.
Les travaux de numérisation, réalisés par la société Imagis, ont débuté en 2003. Ils concernent plus de 350 000 parcelles pour une durée de marché de 4,5 ans. Le PCI vecteur est de qualité maximale, contrôlé et mis à jour par la Direction Générale des Impôts.
La collectivité a reçu l’appui d’un ensemble de partenaires publics ou privés (ayant des missions de service public) qui, entre autre, ont accepté de participer au financement de la numérisation du cadastre (PCI-Vecteur) : le Conseil Général de la Charente-Maritime, EDF-GDF, gestionnaires et concessionnaires de réseaux d’eau et d’assainissement…
Il est prévu avec l’ensemble de ces partenaires que des échanges d’informations soient réalisés concernant les ouvrages placés sous la responsabilité de chacun d’entre eux. Ces informations viendront alimenter la base de données du SIG du Pays de la Haute-Saintonge.
MISE EN PLACE ET ORGANISATION
a. Le site fédérateur
Le site fédérateur a pour missions principales de collecter, intégrer, traiter les données d’intérêt intercommunal et pour le compte des communes. Il assure ensuite leurs diffusions, leurs échanges, leurs mises à jour.
Il dispose (du noyau commun) des données de référence (cadastre numérique, documents d’urbanisme, réseaux...) sur l’ensemble du territoire. Il dispose également de données thématiques collectées au sein des services du Pays et des CdC (tourisme, environnement, ordures ménagères…).
Le système installé au site fédérateur devra gérer un grand nombre d’informations à partager.
Le système recherché doit avoir la capacité à administrer un référentiel cartographique commun, complété de données thématiques ou métiers. Il doit permettre la diffusion de l’information géographique auprès des différents acteurs du Pays et vers les communes membres au travers d’outils d’exploitation et d’analyse multi thématiques ou d’applications métiers répondant à des besoins usuels parfaitement définis comme l’exploitation des
données foncières, d’urbanisme, des réseaux…
b. L’organisation autour des différents utilisateurs
L’étude exhaustive des besoins a montré une forte appropriation du projet avec environ 360 utilisateurs potentiels. Plusieurs niveaux ont alors été identifiés en fonction du degré d’implication dans l’analyse et les traitements de données, la tenue à jour des données graphiques ou alphanumériques ainsi qu’en fonction du type de requête géographique utilisée.
Utilisation niveau 1 : Consultation
Ce sont les utilisateurs « passifs » qui regroupent les personnes qui ont un besoin de recherche de données cartographiées dans un but informatif ou pour une intégration dans un outil bureautique quelconque (traitement de texte…).
L’utilisateur préalablement identifié pourra visualiser les couches numériques du SIG. Il ne pourra pas paramétrer les fonctions SIG ou réactualiser les données. L’utilisateur pourra créer une couche dessin enregistrable…
Utilisation niveau 2 : SIG bureautique personnalisé et SIG métiers
Ce sont les utilisateurs « dynamiques ». Ils sont responsables de la production et de la tenue à jour de données thématiques (de leurs domaines de compétences). Ils auront les droits de création, modification, suppression de leurs couches.
Utilisation niveau 3 : Administration du SIG
Il s’agit des administrateurs du site fédérateur.
L’analyse des audits réalisés auprès des 133 communes, élus et chargés de missions, dans le cadre de ce projet, fait ressortir une homogénéité des besoins. De ce fait, un tronc commun a été identifié. Dans un premier temps, ceci consiste à proposer à l’ensemble des communes l’achat d’un outil de consultation/visualisation de l’information géographique : cadastre, documents d’urbanisme, réseaux, photographie aérienne… Ce scénario permet aux différents utilisateurs de se familiariser avec ces nouveaux outils de travail.
CHOIX DE LA SOLUTION
Prenant en compte la configuration du projet et le nombre important de sites à déployer, la solution de consultation en extranet nous a paru la plus appropriée :
-Pas d’application à déployer et à maintenir sur les postes : administration centralisée :
Le Pays de la Haute-Saintonge est un vaste territoire. Pour cette principale raison, il est apparu nécessaire de trouver une solution évitant de nombreux déplacements sur le territoire pour l’installation d’un logiciel et la réalisation des mises à jour (plusieurs fois par an). De plus, les mises à jour de l’information géographique seront automatiques et donc plus rapidement consultables par les différentes collectivités.
-Tous les postes de la mairie sont utilisables (si connectés au réseau internet) :
Lors de réunions cantonales, certains élus ont soulevé le problème de l’accès à la consultation cadastrale si le logiciel n’était installé que sur un poste (de la secrétaire de mairie par exemple).
La consultation via internet permet d’utiliser chaque poste disponible à condition qu’il soit connecté au réseau internet.
-Le prix :
Dans le cas d’une installation en local, il aurait fallu acheter une licence par poste et payer une maintenance par poste équipé, ce qui signifie une multiplication des coûts. La
consultation via internet implique simplement le coût lié à l’abonnement ADSL.
Pour les communes ne disposant pas du haut-débit à l’heure du déploiement (8 sur 133), la consultation s’effectuera en local : logiciel MiniVue, en attente d’une consultation via internet.
WebVille est une application de consultation, proposée par Imagis, qui utilise le serveur ArcIms/Kogis pour diffuser les données du SIG communautaire en mode Web.
Initialement destinée à la consultation graphique et alphanumérique du cadastre, elle peut cependant intégrer tous types de données, pour peu que celles-ci soient liées à une base graphique. Elle s’organise autour d’une interface conviviale privilégiant l’affichage graphique des données. WebVille se compose d’un module de navigation et de consultation généraliste auquel peut se rajouter des modules spécifiques de consultation des données cadastrales et documents d’urbanisme, données concernant les réseaux…
ARCHITECTURE, OUTILS ET ECHANGES D’INFORMATIONS
L’architecture du système est composée d’un site fédérateur, de deux communautés de communes, de 125 communes en mode web, de 8 communes en mode local ainsi que d’un serveur cartographique hébergé.
La particularité de l’architecture informatique du SIG de la Haute-Saintonge réside dans le fait de la duplication du couple Oracle /ArcSde (serveur site fédérateur/serveur hébergé).
En effet pour des raisons de non disponibilité de débits ascendants en adéquation avec les besoins de l’application (un minimum de 512 Kbits/s/ x 150 utilisateurs minimum), le serveur Web (ArcIms) à été délocalisé chez un professionnel de l’hébergement garantissant une bande passante de 155 Mbits/s.
ArcIms, ArcSde et Oracle ont donc été installés chez le provider ICX France à Nîmes. La société Imagis se charge des paramétrages des profils utilisateurs. La société ICX opère quant à elle les sauvegardes et autres interventions de maintenance du serveur.
Ce procédé a le double avantage d’assurer une qualité de service au niveau de la consultation Web et également de faciliter le travail des administrateurs.
L’architecture, au niveau des données, s’articule autour du site fédérateur (logiciels ArcView, ArcEditor, CadBas pour l’administration). En effet toutes les données créées (par les chargés de missions des deux communautés de communes (ImaPat), par les administrateurs, les personnels de mairie habilités (ImaPos, ImaPat)), seront vérifiées et intégrées par les administrateurs du SIG dans le couple ArcSde/ Oracle (local).
Ces données seront ensuite répliquées dans le serveur cartographique web hébergé.
Les deux bases de données seront synchronisées deux fois par an, des mises à jour plus simples et plus fréquentes seront réalisées via un back office en ftp.
Les mises à jour seront effectives en commune dès l’instant qu’elles seront intégrées sur le serveur web.
Pour les « communes isolées », les échanges de données se font soit par CD (notamment la création de CD autonomes contenant les données de chaque commune), soit par ftp.
La société Imagis nous met également à disposition des automates d’import/export de données (bases locales déportées).
LA SECURITE
La consultation des données cadastrales, via le web, a fait l’objet d’une demande d’avis déposée auprès de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés. Pour cela, de nombreuses mesures ont été prises et devront être respectées dans un souci de sécurité.
Sécurité (protection) physique des locaux et équipements :
-Badges, barreaudage, alarme, vidéosurveillance.
Mesures assurant la sauvegarde du système informatique :
-Type de support utilisé : SAN
-Fréquence des sauvegardes : 7/7 avec écrasement la semaine qui suit
Protection contre les intrusions extérieures utilisant le canal des réseaux informatiques :
- Routeur : CISCO
- Pare-feu/ système complet de détection d’intrusion (IDS) : ASTARO
- Le site étant un extranet, il est protégé par sa nature. Les utilisateurs ont des comptes spécifiques, et les administrateurs y accèdent en SSH.
Mesures destinées à assurer la confidentialité des données lors du développement de l’application informatique :
-Le développement de l’application s’effectue dans un environnement informatique distinct de celui de la production
-Le personnel affecté aux tâches de développement est distinct de celui assurant la gestion/ l’exploitation des équipements informatiques de production
-La mise au point des logiciels s’effectue sur des données fictives et non sur des données réelles
-Les données d’origine sont détruites, sur demande, par le prestataire fournisseur du système
Mesures destinées à assurer la confidentialité des données lors des opérations de maintenance des équipements informatiques :
-Les interventions de maintenance des matériels sont enregistrées dans une main-courante
-La télémaintenance des matériels n’est pas autorisée
-Les Backups sont effectués tous les jours de la semaine sur une baie fibre. La semaine suivante écrase la précédente.
-Les données ne sont pas sauvegardées sur un support de stockage extractible ou amovible.
Authentification/identification des personnes habilitées à accéder à l’application :
-Présence d’au moins un caractère spécial
-Longueur minimale : 8 caractères
-Durée de vie : 3 Mois
-Interdiction de réutiliser les 4 précédents mots de passe
Nous utilisons pour cela un générateur de mot de passe configuré pour respecter les critères prédéfinis.
Ces mots de passe seront transmis par mails cryptés.
Confidentialité :
-Chiffrement du transport des données HTTPS (septembre 2006)
-Des profils d’habilitation définissant pour chaque utilisateur les fonctions autorisées ou les catégories d’informations accessibles
Sensibilisation des utilisateurs à la politique de sécurité :
-La politique de sécurité/confidentialité est formalisée dans des documents
-Action de sensibilisation des utilisateurs à la politique de sécurité (formation, information, procédures).
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Le Pays de la Haute-Saintonge souhaite une mise en place progressive des logiciels SIG, d’une part afin d’équiper les différents sites par étape, en fonction de la disponibilité du cadastre, et d’autre part, afin de considérer cet équipement comme une phase d’appropriation des fonctions liées aux SIG.
En août 2006, les premières communes numérisées ont pu consulter leur cadastre numérique via WebVille. La réussite du projet SIG du Pays de la Haute-Saintonge passe par l’utilisation en commune et l’adhésion des utilisateurs. Pour cela, nous restons très à l’écoute de ces derniers afin de faire évoluer l’application, de façon à ce qu’elle devienne un réel outil de travail au quotidien.