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" Notre siècle marche sur sa fin avec une rapidité effrayante ; bientôt il sera, lui aussi relégué au rang des vieilles lunes, et nos neveux contempleront, pour les prendre en pitié sans un regret, les nouveautés dont nous sommes si fiers.
Le progrès de demain annule le progrès de la veille ; les inventions se perfectionnent sans cesse... Et nous avons désappris cette poésie des choses, qui survit à leur destruction, les fait aimer longtemps après qu’elles ne sont plus : tels ces parfums discrets, qui embaument encore les tiroirs d’aïeules. Musc, bergamote et patchouli, joies faciles et ardents courages, pimpants atours et grands sentiments ; souvenirs, parfums d’autrefois, la fumée vous chasse sans vous remplacer... Je ne puis me rappeler, sans une émotion respectueuse, la sensation qui m’envahissait dès que le lourd battement de la porte cochère se refermait sur moi..." (Madeleine La Bruyère, Le roman d’une épée) |